Gérer sa trésorerie au quotidien

Pour gérer au mieux sa trésorerie au quotidien, voici les 10 conseils du conseiller d’entreprise.

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par Olivier DEVEAUX - Emilie RIVIERE - | 24.07.2019 |
Niveau de technicité :
Documents de gestion et comptabilité
Sommaire

Conseil n°1 : conserver la confiance de son banquier

Dans l’idéal, il faut un solde bancaire positif, régulier, sans anomalie tout au long de l’année. Aujourd’hui les banquiers ont des cotations sur les dossiers des clients par rapport aux deux critères précédents.

Il est important de prendre rendez-vous pour présenter les résultats et le bilan de l’entreprise et de ne pas attendre les situations d’urgence. Vous pourrez dès lors rediscuter et renégocier les services que la banque peut vous proposer pour faciliter votre suivi de trésorerie.

Conseil n°2 : mettre en place une épargne de précaution

Il est important de capitaliser en épargne 5 à 10% de son revenu annuel. Cela peut être fait par le placement mensuel de petites sommes. C’est un acte de gestion fort, qu’apprécie le banquier.

Il est aussi intéressant de placer les excédents saisonniers de trésorerie. Par exemple, pour les éleveurs, lors d’une belle vente de chevaux, l’argent peut être mis de côté pour financer les prochains cycles de production. Pour les centres équestres, c’est la vente de forfaits trimestriels qui devra être préservée sur les trois prochains mois.

Enfin, la maitrise des flux de TVA peut être une aide considérable. Si vous avez une gestion trimestrielle, les investissements peuvent être organisés en fin de période pour limiter la période d’avance de trésorerie avant d’être remboursé par l’état.

Conseil n°3 : préserver son fonds de roulement

C’est un fonds à préserver pour gérer les fins de mois. Il faut faire « rentrer » l’argent avant la fin du mois pour pouvoir anticiper les salaires à venir, les charges sociales et parfois la TVA. Cela peut être des sommes importantes (jusqu’à 20 ou 30 000€) « à sortir » en l’espace de 10 à 15 jours.

En plus, il faut bien quantifier ses besoins mensuels, en tant que chef d’entreprise, au travers de sa rémunération. Ai-je besoin de 1 000€, 2 000€ ou plus par mois ? Il est alors possible de caler les prélèvements par l’intermédiaire de virements pour éviter de faire du compte professionnel un compte privé accessoire. En effet, cela peut engendrer des dérapages de besoins privés et en fin d’année c’est une trésorerie qui aura été anormalement consommée.

Conseil n°4 : accélérer ses rentrées de trésorerie

Il est impératif d’envoyer ses factures le 31 du mois pour ne pas perdre de temps dans l’encaissement. Il faut aussi privilégier le mode « virement ». Le paiement par chèque est plus long de 10 à 20 jours (réception, envoi bordereau, date de valeur) par rapport au virement qui est immédiat.

Une clause importante est le délai de paiement : paiement à la réception ou paiement à 30 jours. Certains clients peuvent en jouer si rien n’est précisé.

Conseil n°5 : voir loin et anticiper au maximum

Des tableaux de bord peuvent être mis en place pour bien repérer les décaissements et les encaissements. Si l’activité est cyclique, comme dans l’élevage, il faut financer les 6 premiers mois de son cycle de production alors que les ventes ont tendances à avoir lieu en fin d’année. Il peut donc se passer 6 voire 9 mois sans rentrée d’argent. Pour anticiper, il faut mensualiser les paiements au maximum car il est plus facile de faire face à des petites sommes qu’une grosse somme tous les 6 mois.

Il faut gérer les périodes de hautes et de basses activités. Il faut partir en début de période avec une trésorerie d’avance.

Conseil n°6 : maîtriser ses financements Long et Moyen Terme

Il faut bien choisir le mode de remboursement. Par exemple, lors d’une vente de chevaux, il est plus facile de rembourser une annuité qu’une mensualité car les produits sont saisonniers et cela permet de ne pas avancer une échéance tous les mois.

Il est aussi important de bien ajuster les durées de remboursement d’emprunts pour que cela ne pèse pas sur la trésorerie. Il vaut mieux allonger les durées d’emprunts. Rien n’empêche, selon le développement de votre entreprise, de faire évoluer les échéances bancaires.

Il est possible de négocier le taux d’intérêt et l’assurance décès/invalidité. Actuellement, les taux d’intérêts sont plutôt entre 1 et 2%. Concernant l’assurance décès, il faut bien se faire conseiller pour faire le bon choix par rapport à la personne pivot de l’entreprise et si son absence a un impact important sur la gestion de l’entreprise.

Conseil n°7 : réduire ses charges

Pour négocier des contrats avec les fournisseurs, il est important de ré-analyser chaque année, et de réaliser des commandes groupées, en morte saison. Etes-vous capable, au 1er janvier, d’évaluer la quantité que vous allez consommer pour avoir une ristourne ? Il peut être opportun d’acheter son fourrage ou sa paille à la récolte pour l’acheter moins cher.

Il faut bien ajuster ses contrats, notamment ceux d’assurances, car l’entreprise évolue tout au long de son existence.

Il est aussi possible d’externaliser certaines tâches pour ne pas perdre de temps dans son organisation. Par exemple, les bulletins de salaires ou la réalisation des factures peuvent être confiés à un prestataire extérieur.

Conseil n°8 : exiger et récompenser les paiements

Il est important de clarifier les conditions de règlement.

Il est aussi bénéfique de mettre en place des escomptes, comme par exemple pour des clients qui paieraient en avance 6 mois de pension. Il est alors d’usage de faire une remise de 1 à 5%.

Il ne faut pas non plus tarder à relancer les impayés car plus le montant impayé est élevé, plus le client va contester ce dernier et plus l’impact sur la trésorerie sera fort.

Conseil n°9 : privilégier la trésorerie à l’optimisation de la rentabilité

La périodicité de la facturation est importante, notamment pour les évènements récurrents. Pour un cheval vendu le 5 novembre, la facture doit être éditée le 6.

Il est utile de demander des acomptes, par exemple lors de la vente d’un foal. Vous pouvez demander la moitié en juin puis le reste à la livraison du cheval. Cela permet de faire entrer de l’argent plus rapidement.

De plus, il faut privilégier la mixité du chiffre d’affaires par clients. En effet, lorsque le chiffre d’affaires ne dépend que de quelques clients, cela devient dangereux pour la structure. La perte d’un seul individu peut mettre la structure en mauvaise posture financière.

Conseil n°10 : négocier quand tout va bien

Lorsque la situation de l’entreprise est au « vert », il peut être intéressant de demander un financement ou une autorisation de découvert. En effet, la cotation de votre dossier sera favorable et le banquier aura la main pour négocier pour vous. Il est intéressant de négocier dans les périodes où l’activité se porte bien.

Ce qu’il faut retenir

Savoir anticiper les évènements comme les investissements, la gestion de la TVA…

Préserver sa trésorerie en gérant les règlements pour conserver un solde bancaire positif longtemps.

Optimiser son activité en rationnalisant ses charges et en revalorisant annuellement ses prestations.

En savoir plus sur nos auteurs
  • Olivier DEVEAUX Equicer
  • Emilie RIVIERE Chambre d'Agriculture du Grand Est
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 18 02 2020
Fiche réalisée avec nos partenaires
EquicerChambre d'agriculture du Grand Est
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