La filière équine belge

Pays carrefour entre les grandes nations équestres européennes (France, Allemagne, Grande-Bretagne...), la Belgique a une filière équine bien développée, notamment pour l'élevage de chevaux de sport.

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par Aline DECOUTY - Astrid ENGELSEN - | 02.01.2017 |
Niveau de technicité :
Cheval à l'obstacle
Sommaire

Contexte agricole

M = million(s) | Md = milliard(s)
Principales donnéesBelgiqueFrance
Superficie (km2 - 2011)30 528549 190
Population (106 habitants - 2013)11,265,6
Densité (habitants/km2 - 2016)364118
PIB (Md€ - 2013)5242 033
PIB/habitant (€ - 2013)46 87731 144
Part de l’agriculture dans le PIB (% - 2013)0,62
Surface arable (% - 2011)2633,4
Terres agricoles (% - 2013)4452,5
Aides PAC perçues (M€ - 2013)7789 855
Surface forestière (Mha – 2013)6,816
Exportations agricoles (M€ - 2014)246 253715 650

…ce qu’il faut retenir

Une part agricole du PIB faible

L’agriculture ne représente que 0,6% du PIB de la Belgique. Cette part faible ne signifie pas que l’agriculture n’est pas performante, au contraire. Les exportations agricoles sont très soutenues, elles sont 6 fois plus importantes que le PIB 1.

Une concentration des terres agricoles

En 30 ans, la superficie des exploitations agricoles a plus que doublé, passant de 8,4 ha en Flandres en 1980 à 25 ha en 2013. Le pays a perdu 63% de ses exploitations et 45% du nombre de travailleurs dans ce secteur. La Flandre et la Wallonie ont connu le même rythme de concentration des moyens de productions, la surface agricole utile ayant peu varié.

Un nombre d’équidés dans les exploitations agricoles en hausse

Si, au cours de la période 2000-2001, le nombre d’exploitations avec des équidés a diminué, en revanche leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis 2004 et a enregistré ses plus importantes progressions en 2005 et 2006, soit 6 et 7%. Ce sont les Provinces de Hainaut et de Liège qui comptent le plus d’exploitations détenant des équidés, viennent ensuite les Provinces de Luxembourg et de Namur. En 2010, 38 000 chevaux sont recensés dans les exploitations agricoles, soit 10,8% du cheptel belge. 160 000 hectares seraient nécessaires à l’alimentation du cheptel équin total, soit 12,3% de la SAU nationale 2.

Organisation des acteurs de la filière équine

La Belgique est un état fédéral avec deux régions majoritaires : la Flandre et la Wallonie. Celles-ci ont une autonomie juridique, linguistique et financière importante. Les organismes de la filière équine sont basés sur cette régionalisation, à savoir ils disposent d’une structure nationale chapeau et une déclinaison dans les deux régions.

La Confédération Belge du Cheval

La Confédération Belge du Cheval (CBC) fondée en 1981 est l’organisme reconnu par le Ministère de l’Agriculture pour la promotion de l’élevage de chevaux belges. Il est composé de deux divisions régionales :  PaardenPunt Vlaanderen (VCP) et la Confédération Wallonie-Bruxelles du Cheval (CWBC) ayant chacune, à leur tour, trois piliers : l’élevage, les utilisateurs, la formation.
Au niveau national, la CBC est le gestionnaire de la banque de données centrale. Bien que la CBC ne gère que l’identification des chevaux non affiliés à un studbook, tous les chevaux résidant sur le territoire belge doivent y être enregistrés. Sa seconde mission est de défendre les intérêts de ses membres et du secteur chevalin en général, aux niveaux fédéral et européen.

A ce jour, la Confédération Belge du Cheval représente:

  • 35 associations d’élevage avec plus de 15 000 membres ;
  • Plus de 350 000 chevaux enregistrés ;
  • 10 organisations professionnelles et de loisirs avec plus de 80 000 membres ;
  • 25 organisations responsables du pilier « métiers & formation » au sein du secteur équin.

La filière équine ne reçoit pas de soutien financier à l’échelle nationale ; celui-ci est fait au niveau régional. Le soutien reçu est donc très variable d’une région à l’autre. La Wallonie est la région qui s’intéresse le plus au développement de sa filière cheval. En 2009, elle a investi 3 millions d’euros pour le développement du Centre Européen du Cheval à Mont-Le-Soie et d’autres écoles du secteur. La filière équestre wallone représente 40 000 pratiquants, 1 800 emplois directs, 40 000 hectares de terres agricoles et 200 000 équidés recensés. La valeur ajoutée de ce secteur est estimé à 100 millions d’euros 2.

La filière sport et tourisme équestre

Les sports équestres sont représentés au niveau national par la Fédération Royale Belge des Sports Equestres (FRBSE). Elle est la 3ème fédération sportive belge après le football et le basket. L’association a pour but de promouvoir les sports équestres. Les déclinaisons régionales sont la Vereniging zonder Winstoogmerk Vlaamse Liga Paardensport (VLP) et l’association sans but lucratif Ligue Equestre Wallonie Bruxelles (LEWB). Ces deux dernières s’occupent particulièrement des activités équestres nationales et internationales. La FRBSE est plus particulièrement compétente pour :

  • Les relations avec la FEI et les fédérations nationales étrangères ;
  • La coordination entre les deux ligues au niveau national ;
  • La rédaction des règlements des disciplines ;
  • L’approbation des avant-programmes des concours nationaux et internationaux puis la rédaction du calendrier national ;
  • La sélection des participants prenant part aux concours à l’étranger ;
  • La nomination des officiels nationaux et la proposition de candidats officiels internationaux à la FEI.

Sur le même modèle, la Fédération de tourisme équestre a aussi ses deux déclinaisons régionales : le LRV (Landelijke Rijverenigingen) pour les Flandres et la LEWB (Ligue Equestre Wallonie Bruxelles) pour la Wallonie.

La filière course

Les courses hippiques sont gérées par l’ASBL déclinée en BFP (Belgische Federatie voor Paardenwedrennen) en Flandres et FBCH (Fédération Belge des Courses Hippiques) en Wallonie. Les courses de galop étant peu présentes, le Jockey-club belge dépend de l’ASBL et n’a pas d’entité régionale. Il gère également le seul hippodrome de Ghlin.

Production équine

Le cheptel équin est de 350 000 équidés enregistrés en 2014 3. Avec 11,5 chevaux/km², la Belgique apparaît comme ayant la plus forte concentration européenne de chevaux au km². Elle est en 2ème position en termes de concentration équine par habitant (1 cheval pour 31 habitants), derrière l’Irlande.


Concernant la production équine, le pur-sang est un élevage très marginal en Belgique. Il représente 0,01% du cheptel mondial avec 2 étalons, 9 poulinières et 7 foals en 2015. L’élevage de trotteurs est plus dynamique depuis la convention signée en 1994 de production de trotteurs français. En 2015, ce sont 292 éleveurs, 494 foals, 102 étalons et 544 poulinières recensés. Cela représente moins de 2% du cheptel trotteur européen. Cependant la Belgique est l’un des trois pays européens, avec la Hongrie et la Lituanie, qui a connu une augmentation du nombre de foals sur la période 2011-2015 avec +9,5% 4.

Aujourd’hui, l’élevage équin belge fait la part belle au cheval de sport et plus spécialement celui du saut d’obstacles. 39 studbooks de sport-loisirs sont répertoriés en Belgique, les trois principaux étant :

  • Le SBS (Cheval de sport belge) ;
  • Le Z (Zanghersheide) ;
  • Le BWP (Belgische Warmbloedpaard).

Utilisation des équidés

Pour la filière course, l’utilisation des équidés est à l’image de la production, à savoir peu développée pour le galop et en croissance pour le trot.

Dans le monde du Galop, ce sont 167 courses plates et 4 courses d’obstacles qui se sont disputées en 2015 sur le seul hippodrome de Ghlin. La moyenne des allocations distribuées par course est faible avec 5 964€ (contre 24 758€ en France).

Dans le monde du Trot, ce sont 1 896 chevaux à l’entraînement (+13%) qui sont répartis chez 69 entraîneurs pour le compte de 1 057 propriétaires. Le nombre de courses a augmenté de 12% entre 2011 et 2015, avec 1 028 courses disputées en 2015. Les paris hippiques ont connu un léger recul avec -6% sur la même période. La Belgique reste toutefois l’un des rares pays européens dont les allocations sont en augmentation de +27% sur 5 ans, atteignant les 4 040€ 4 distribués par course. 5 hippodromes sont destinés aux courses de trot.

La pratique de l’équitation est très populaire en Belgique. Avec 8 362 établissements équestres recensés 5, il est aisé pour les particuliers de trouver des infrastructures à proximité de son lieu de travail pour monter à cheval. Le nombre de licenciés est de 700 000 en 2014. Il a augmenté de 60% en 10 ans. Les établissements équestres sont majoritairement des écuries de pension. Il existe peu de centres équestres où on loue un cheval avec l’achat d’une heure d’équitation. Les clubs privilégient les propriétaires, qui s’orientent souvent vers une solution de pension partagée ou de cheval au pair.
Une pension sans travail coûte entre 400€ et 700€ par mois. La majorité des structures demande une cotisation afin d’utiliser les installations. Elle est comprise entre 100€ et 300€ par an selon les prestations. Le prix d’une heure d’équitation est entre 25€ et 50€, hors frais d’adhésion au club 5. Pour pratiquer l’équitation, une licence est obligatoire avec un tarif unique de 23€ par an.

L’équitation de compétition est particulièrement répandue en Belgique. Les écuries de compétition et de commerce sont nombreuses. La position du pays au cœur de l’Europe et proche des grandes nations de cheval (France, Allemagne, Pays-Bas), attire de nombreux cavaliers professionnels et marchands. La situation géographique permet d’être proche des grands évènements internationaux : Liège, Leipzig, Anvers, Berlin, Vienne, Hambourg, Amsterdam, Aix-La-Chapelle. Les disciplines les plus pratiquées sont le CSO et le dressage. Le nombre de concours nationaux et internationaux est de l’ordre de 600 par an 2.

Réglementation

Le transfert de nombreuses compétences aux régions

Depuis 1993, la Belgique est un état fédéral qui se compose de trois régions : la Région flamande, la Région de Bruxelles-Capitale et la Région wallonne. Cette structuration s’est faite à travers plusieurs phases de réforme successives qui ont conduit à un transfert de compétences de plus en plus important aux régions. La matière de l’aménagement du territoire et le bien-être des animaux sont notamment de la compétence des régions. L’agrément des associations d’élevage relève également des autorités régionales.

L’exclusion des chevaux de selle d’un certain nombre de dispositions agricoles

Si le cheval est considéré, de manière générale, comme un animal de rente, il est souvent exclu en pratique de l’application des régimes spécifiques à l’agriculture. Par exemple, une distinction est faite, pour l’application du régime du bail à ferme, entre l’élevage d’animaux destinés à la consommation humaine ou utiles pour l’agriculture et l’élevage d’autres animaux. Le cheval n’entre dans la première catégorie que s’il appartient à une race de chevaux de trait. La même différenciation conduit à exclure les chevaux de selle de l’application du taux réduit de TVA et du régime spécial de TVA pour les agriculteurs. L’inscription de certaines activités équestres (la prise en pension d’équidés par exemple) dans la banque-carrefour des entreprises peut conduire à l’exclusion du droit au soutien agricole direct ou à une réduction du montant des subsides.

En savoir plus sur nos auteurs
  • Aline DECOUTY
  • Astrid ENGELSEN
Bibliographie

1 : Direction générale des Statistiques, Statistics Belgium, Chiffres clés de l’agriculture, 2014

2 : Rapport Le poids socio-économique de la filière équine en Wallonie, 2009

3 : CBC, 2014

4 : UET, Annual report, 2015

5 : Fédération royale belge des sports équestres

Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 23 07 2019
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