Agencement des parcelles pour le pâturage tournant

L’objectif est d’offrir aux animaux à tout moment une herbe de qualité en quantité suffisante et d’optimiser les conditions de productions de la prairie. Diviser la surface des parcelles va permettre de limiter la quantité d’herbe offerte aux besoins des animaux et de réduire le gaspillage.

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par Pauline DOLIGEZ - | 16.05.2016 |
Niveau de technicité :
chevaux au pâturage
Sommaire

Pourquoi diviser la parcelle en sous-parcelles ?

Le morcellement en sous-parcelles est nécessaire pour pratiquer le pâturage tournant.

  • La parcelle au meilleur stade (le plus feuillu) est offerte aux animaux.
  • Les parcelles moins avancées sont laissées au repos pour qu’elles repoussent.
  • Les parcelles plus avancées sont mises en défens (réservées) pour être récoltées.

Il faut diviser la surface disponible pour le lot d'animaux en au moins 4 à 6 sous-parcelles pour laisser un temps minimum de repos de 3 semaines à chaque sous-parcelle au cours de la rotation. 

Plusieurs aspects sont à prendre en compte. Chaque sous parcelle doit offrir : 

  • Une ressource alimentaire adaptée aux animaux auxquels elle est destinée. De l’herbe abondante au bon stade pour des animaux d’élevage, une zone peu productive pour des animaux déjà en embonpoint.
  • Un accès à un point d’eau.
  • Un accès à un abri artificiel ou naturel pour que les animaux puissent se protéger du soleil et des insectes en été, du vent et de la pluie en hiver. Si l’abri naturel est constitué d’arbres, il faut protéger les écorces des arbres. On évitera donc les sous parcelles sans abri entourées uniquement de fils.
  • Un accès pratique à l’entrée de la parcelle.
  • Un accès stabilisé pour l’affouragement si nécessaire.

Pour des raisons de sécurité, une clôture permanente est nécessaire en périphérie de la parcelle. Les clôtures internes sont mobiles. Cela permet de les retirer pour les interventions mécaniques (hersages, épandage de compost ou d’engrais, récoltes, …) et aussi d’adapter la taille des sous parcelles au besoin du lot et à la pousse de l’herbe de la saison. Les parcelles réduites au printemps peuvent être agrandies en été. Cette clôture mobile doit être constituée de deux fils ou rubans électrifiés. Un troisième fil peut être nécessaire si les animaux sont de taille très hétérogènes (poneys).

Exemples de découpages de parcelles

Comment prévoir un bon agencement ?

A privilégier

Une forme des sous-parcelles en carré ou en rectangle facilite les manoeuvres des engins (herse, engrais, fauche). La forme carrée de la sous-parcelle semble répartir au mieux l'utilisation et le piétinement par les chevaux.

Le découpage des parcelles perpendiculaires à la pente oblige les chevaux à pâturer dans les zones plus basses. 

Un accès stabilisé pour le tracteur jusqu'à l'abord de l'abri ou de la parcelle permet d'affourager sans rentrer dans la parcelle et marquer le sol en période hivernale.

L'abri sera orienté en fonction des vents dominants et dimensionné en fonction du nombre de chevaux pâturant ensemble dans les sous-parcelles.


Exemple à l'Ecurie du Thaurion (23) : pension sport-loisir

1 lot composé de 2 adultes + 2 poulains 2/3 ans

  • Printemps : 0,80 ha divisé en 5 sous-parcelles de 0,16 ha (53 x 150 m). Rotation tous les 4 à 5 jours selon la pousse de l'herbe. 

 (chargement moyen de 26 ares/UGB)

  • Eté : agrandissement de la surface de + 0,80 ha pour faire tourner ce lot sur 1,6 ha au total.
Exemple au GAEC de Gauchoux (87) : centre équestre 

1 lot composé de 11 chevaux d'instruction

  • Printemps : 2,5 ha divisés en 6 sous-parcelles de 38 ares, soit une sous-parcelle de 40 x 95 m. Avec un couloir de 5 m pour l'abreuvement le long des 6 sous-parcelles. Rotation tous les 4 jours. (chargement moyen de 32 ares/UGB)
  • Eté : doublement de la surface totale disponible

A éviter

 Les sous-parcelles formant des angles obtus. Les chevaux peuvent se faire coincer par d'autres. Le passage du tracteur attelé (herse, faucheuse) n'est pas possible dans ces recoins. Le délaissement de ces zones en triangle encourage l'apparition de mauvaises herbes. 

Des sous-parcelles de tailles différentes car le rythme de rotation (temps de repousse) ne sera pas régulier.

L'eau, le lieu d'affouragement et l'abri doivent être suffisamment espacés pour limiter le piétinement toujours au même endroit et inciter les chevaux à utiliser tout l'espace disponible de la sous-parcelle

En savoir plus sur nos auteurs
  • Pauline DOLIGEZ Ingénieur de développement Ifce
Bibliographie
  • Doligez E., Pâturage du cheval, Prairiales Juin 2002
  • Guide du pâturage, Herbe et fourrages Centre, Déc 2014
  • Gillet M., Physiologie et pâturage, INRA-SAPT, Lusignan
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 26 06 2019
Fiche réalisée avec nos partenaires
Chambre d'agricultureFEADER NormancieRégion Normandie
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