Le chardon : ne pas se laisser envahir

Le chardon a un pouvoir de dissémination très important. La propagation de ses graines légères par le vent fait du chardon une adventice très difficile à réprimer. Pour la combattre, il est important dans un premier temps de connaître la plante et sa biologie pour ensuite choisir les méthodes préventives et de lutte pour limiter son développement.

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par Pauline DOLIGEZ - | 18.07.2016 |
Niveau de technicité :
Chardon en fleur
Sommaire

Description de la plante et sa biologie

Famille des chardons

Les chardons incluent plusieurs genres et espèces de plantes. Ceux qui posent le plus de problèmes dans les prairies font partie de la famille des Astéracés et du genre Circe. Les plus communément rencontrés sont le chardon des champs (Cirsium arvense) et le chardon commun (Circium vulgare) ou chardon d'âne ou vulgaire.

Chardon des champs

Chardon des champsReproduction du chardon des champsEspèce vivace qui prolifère dans les sols frais, riches et argileux. Les feuilles de chardon sont découpées et piquantes. Les fleurs sont violettes ou blanches. Elles produisent des graines légères (avec des aigrettes plumeuses) qui se disséminent facilement par le vent.

La partie souterraine est composée :

  • De rhizomes horizontaux (tiges souterraines) à 10 - 30 cm de profondeur. Ils ont un fort pouvoir colonisant.
  • De racines verticales pouvant descendre à 2 m, voire 10 m, de profondeur.

Les racines et bourgeons sont difficiles à arracher du sol. Ils se cassent et les bourgeons présents sur les rhizomes peuvent donner naissance à un nouveau rameau par reproduction végétative.

Chardon communChardon lancéolé ou commun

Espèce bisanuelle (en graines la 2ème année), on la rencontre plutôt dans les fossés, les décombres et bord des ruisseaux. Dans la prairie, il se présente sous forme de pied isolé, rarement sur des zones importantes. 

La plante présente des tiges rigides et épineuses de grande taille (jusqu'à 2 m de hauteur). Le chardon commun est souvent plus grand et beaucoup plus piquant que le chardon des champs.

La fleur, de couleur pourpre (grande capitule solitaire), se développe à partir de juillet.

L'absence de reproduction végétative (par les racines) facilite sa destruction par la fauche avant la floraison.


Consommation du chardon par les herbivores

Le chardon des champs est rarement brouté par les herbivores. Toutefois, l'âne et le poney peuvent parfois consommer les petites inflorescences. En raison de la rigidité de ses épines, le chardon commun n'est jamais consommé. 

Propagation du chardon

Le chardon des champs se propage par les racines et les rhizomes qui peuvent s'allonger de 2 à 4 m par an. Chaque mètre de racines peut donner naissance à environ 8 nouvelles pousses. Le chardon s'étend alors sous forme de tâches ou de ronds sur la surface. Si les pousses de l'année sont détruites, des bourgeons secondaires se développent et accentuent encore plus la colonisation. 

La propagation aérienne est importante par les graines. En effet, le chardon fleurit longtemps (entre juin et juillet). Une tige peut produire des centaines voire des milliers de graines, transportées par des aigrettes (soies plumeuses). Les graines germent rapidement au sol avec l'humidité. Certaines graines enfouies dans la terre peuvent survivre plus de 10 ans !

Lutte : techniques culturales

Pour le chardon à rhizomes (chardon des champs)

  • Arracher le chardon est inefficace car les rhizomes se cassent et la formation de nouveaux bourgeons est favorisée.
  • Exploiter la prairie avant la floraison des chardons : pâturage, suivi de fauche ou broyage des refus.
  • Réaliser la fauche des fourrages avant la floraison du chardon (fin juin-juillet).
  • Faucher les bords des champs et des chemins avant la floraison.
  • Intervenir sur les jeunes colonies. Quand la plante est vieille, les réserves sont plus grandes et la pousse est encore plus rapide.
  • Eviter le surpâturage, fertiliser et sur-semer les zones dénudées pour maintenir un couvert herbacé productif. Le chardon s'installe généralement dans les zones tassées où les graminées ne poussent pas bien (zones dénudées).
  • Faucher les refus plusieurs fois pour éviter la montée à graines du chardon qui se développe sur ces zones. Lorsqu'il y a trop de chardons dans les zones de refus, celles-ci sont davantage délaissées par les animaux et s'agrandissent. La fauche incite les animaux à revenir pâturer dessus.
  • Vérifier la propreté des fourrages et de la paille achetée qui peuvent contenir des graines de chardon. En effet, la graine contenue dans un fourrage une fois ingérée par un bovin, survit au passage dans le rumen et se retrouve dans les bouses. C'est sans doute le cas pour le cheval. 
  • Le compostage permet de détruire les graines lors de la fermentation aérobie (montée en température). L'épandage de compost limitera la propagation de graines lors des apports de matières organiques sur la prairie.

La fauche au stade bouton épuise le chardon. Elle doit être réalisée sur des plantes de 15-20 cm de haut avant le stade floraison. Agir trop tôt au stade «rosette» favorise le réveil des bourgeons dormants.

Pour le chardon commun

L'arrachage est efficace pour le chardon commun car il n'a pas de rhizomes. On peut aussi le couper en-dessous du collet  (c'est-à-dire à 10 cm de profondeur) avec une houe. Une autre méthode de lutte consiste à faucher le chardon au stade début floraison, alors que la tige est creuse. A ce stade, l'eau de pluie pénètre et stagne dans le collet de la plante et provoque sa mort.

Lutte chimique

 Plusieurs matières actives sont efficaces et agréés pour la lutte contre les chardons. Ce sont des produits «anti-dicotylédones». Ils détruisent toutes les plantes autres que les graminées, c'est-à-dire le trèfle et les autres légumineuses. Un traitement désherbant local avec un pulvérisateur à dos est conseillé pour maintenir la diversité du couvert (mélange de graminées et de légumineuses) et éviter la formation de «trous», ou zones dénudées.

Intervenir par la fauche ou le désherbage avant la floraison lorsque le chardon a produit une tige. Les réserves nutritives dans les racines et les rhizomes sont alors plus faibles car montées dans la tige. La plante est alors plus sensible. 

La lutte doit se réaliser 2 années consécutives pour détruire cette vivace.

Règlementation

Le chardon des champs fait partie des organismes nuisibles contre lesquels la lutte n'est pas obligatoire sur tout le territoire, mais dont la propagation peut présenter un danger pour les autres végétaux. Selon les régions, un arrêté préfectoral peut fixer les traitements ou mesures ainsi que les conditions dans lesquelles la lutte est obligatoire.

Renseignez-vous auprès de votre commune. (Références : Arrêté du 31 juillet 2000 établissant la liste des organismes nuisibles soumis à des mesures de lutte obligatoire).

En savoir plus sur nos auteurs
  • Pauline DOLIGEZ Ingénieur de développement Ifce
Bibliographie
  • PIERRE P, HUBERT F. 2003 Guide pour un diagnostic prairial, Chambres d'Agriculture des Pays de Loire.
  • CREMER S., KNODEN D., STILMANT D., LUXEN P., 2008. Le contrôle des populations indésirables de rumex, chardons et orties dans les prairies permanentes. Les livrets de l'Agriculture, Ministère de la Région Wallone, Direction générale de l'Agriculture, Belgique.
  • WEILL A., 2005. Moyens de lutte au chardon des champs (Cirse arvense) en production biologique. Bio-Action, Agri-Réseau/agriculture biologique- Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Québec.
  • MECHEKOUR F., 2004. Désherbage des prairies - Le chardon s'élimine à la montaison, Réussir lait
  • GRAB - Haute Normandie. Les adventices en maraîchage biologique - www.bio-normandie.org
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 13 12 2019
Fiche réalisée avec nos partenaires
Chambre d'agricultureFEADER NormancieRégion Normandie
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