L'if à baies : plante toxique

L’if à baie (taxus baccata) est un conifère bien connu pour sa toxicité. Il est encore malheureusement régulièrement impliqué dans l’intoxication, souvent mortelle, chez les chevaux.

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par Laetitia MARNAY - | 06.01.2014 |
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If à baies
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Caractéristiques de la plante

If à baiesL’if à baies est un conifère de la famille des taxacées, non résineux à feuillage touffu et persistant. Non piquantes, ses feuilles sont allongées, aplaties et molles.

Il présente des graines vertes entourées d’une enveloppe charnue rouge et sucrée (l’arille) qui se différencie d’un fruit car elle est ouverte au sommet. L’arille est la seule partie non toxique de l’if.


Il peut atteindre 15 mètres de haut et présente une longévité exceptionnelle (> 1 000 ans). Il s’accommode de la plupart des sols et supporte les grands froids. Utilisé pour son bois autrefois, on le retrouve maintenant plutôt dans les haies de pâtures et en formes taillées dans les jardins.

Intoxication à l'if et symptômes

If à baiesEn général, l’intoxication a lieu suite à l’ingestion de déchets de taille dans la pâture. En effet, la plante séchée reste toxique. Les branches, non piquantes et ne présentant pas d’odeur de résine sont bien consommées. La toxicité de l’if est maximale en hiver.

L’if contient des substances alcaloïdes dont la taxine, au taux de 0.001 à 0.002% dans ses tiges et ses feuilles, mais également des hétérosides cardiotoniques (taxicoside et taxicatine) et des hétérosides cyanogénétiques.

L’intoxication provoque une dépression de la conduction cardiaque et une irritation du tractus digestif.


100 à 200g ingérés suffisent à tuer un cheval, soit 0,5 à 2 g/kg de poids vif de l’animal. Cette dose est équivalente à la dose létale pour une brebis, ce qui montre que le cheval est particulièrement sensible à ce toxique.

Symptômes

On observe souvent une mort brutale, quelques heures, voire quelques minutes après ingestion, le cœur en diastole. Parfois, le cheval présente des coliques, diarrhées, une excitation, des tremblements musculaires.

Les lésions sont d’autant plus discrètes que la mort est rapide. On observe parfois une inflammation de l’estomac, de l’intestin, une pâleur des muqueuses, un estomac distendu, un oedème pulmonaire.

Diagnostic et traitement

Diagnostic

A l’analyse, post-mortem, on retrouve de l’if dans l’estomac, parfois même dans la bouche. Cette présence peut être certifiée par chromatographie (méthode physico-chimique de séparation des espèces présentes dans un échantillon en phase homogène, liquide ou gazeuse).

Traitement

En général, il est trop tard pour mettre en œuvre un traitement. Il n’existe par ailleurs pas d’antidote connu.

En début d’intoxication, on peut tenter une traitement symptomatique avec lavage gastrique, charbon activé ou huile de paraffine, associés à une fluidothérapie intraveineuse. On peut parfois tenter un traitement à base d’atropine (0,025 à 0,05mg/kg en intraveineuse) pour lutter contre la bradycardie ou d’heptaminol (10mg/kg).

Le pronostic est sombre dès lors que le cheval présente des signes cliniques.

En savoir plus sur nos auteurs
  • Laetitia MARNAY Ifce
Bibliographie
  • DELAUNOIS A., DEMOULIN V., GUSTIN P., Les principales plantes toxiques chez le cheval, Ann. Med. Vet., 1998, Vol 142 (5), 321-332 
  • PAVILLOT C., Thèse de doctorat vétérinaire 2010, Bilan 2008 des appels reçus au CNITV de Lyon. Etude spécifique des intoxications chez les équidés, 130 p
  • REBELLE B., QUEFFELEC S.,  « l’intoxication à l’if » Le nouveau praticien vétérinaire équine oct 2012-janv 2013 p 42-43
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 22 04 2019
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