Les emplois dans la filière équine

La filière équine est génératrice d'emplois nombreux et très divers. Cette page vous donne un aperçu des emplois de la filière et des chiffres pour évaluer au mieux son importance.

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par Carole TROY - Pascale HEYDEMANN - | 28.03.2019 |
Niveau de technicité :
Eleveur et ses chevaux au pré
Sommaire

Les activités économiques liées aux chevaux

Les activités économiques liées aux chevaux sont rattachées à plusieurs secteurs :

  • Agricole : élevage, équitation, entraînement de chevaux de courses, cochers-meneurs-débardeurs… ;
  • Commercial : distribution d’équipements pour l’éleveur, le cheval et le cavalier, vente de paris hippiques, de spectacles équestres, d’informations via les médias… ;
  • Industriel : fabrication d’aliments pour chevaux, de matériel de transport… ;
  • Artisanal : maréchalerie, sellerie, art… ;
  • Libéral : expertise technique (juridique, assurance, comptabilité…), vétérinaires, ostéopathes, dentistes… ;
  • Public et parapublic : formation, recherche, organismes de développement de la filière…

Ces activités sont génératrices d’emplois plus ou moins directement liés au cheval, que l’Ifce évalue tous les 5 ans environ, à partir de plusieurs sources de données.

En France, la filière équine génère environ 66 000 emplois en activité principale, dont 7 emplois sur 10 en lien direct avec le cheval (producteurs et utilisateurs du cheval [1]). Le cheval représente une activité secondaire pour 80 000 autres personnes, en particulier en élevage et en points de vente PMU.

[1] Les producteurs et utilisateurs du cheval englobent les emplois des établissements équestres, des élevages, des centres d’entraînement de chevaux de courses, de jockeys, d’utilisateurs de traction équine et en médiation équine.

Résultats 2018

Nombre d'actifs
Catégories d'activitésEn emploi principalEn activité secondaire
Directement liées au cheval52 03049 261
Producteurs et utilisateurs du cheval
(élevages, établissements équestres, centres d’entraînement courses, traction équine, médiation équine)
46 91042 987
Prestataires autour du cheval
(cabinets vétérinaires, maréchaux-ferrants, autres prestations de soins, transport, abattoirs, centres d’incinération/d’équarrissage)
5 1206 274
Indirectement liées au cheval13 56530 723
Vendeurs de produits équins
(paris hippiques, spectacles équestres, arts et médias)
3 89925 263
Fournisseurs et prestataires d’entreprises
(fabricants et distributeurs en alimentation, équipement, matériel de transport, assurance/comptabilité, conseils/études, autres)
4 5994 032
Organisation et développement
(administrations publiques-parapubliques et organismes socio-professionnels, recherche, formation)
5 0671 428
TOTAL65 59579 984

Depuis la dernière estimation menée par l’Ifce en 2013, 18 familles d’emplois sur 28 ont vu évoluer leurs sources et méthodes pour mieux cibler les emplois. Par conséquent, seule une partie des indicateurs ci-dessus est strictement comparable aux indicateurs publiés en 2013.

Sur les 66 000 emplois en activité principale, 7 sur 10 (~ 47 000) peuvent être qualifiés d’ « agricoles ». Ce sont des emplois en lien direct avec la production et l'utilisation des équidés, générés avant tout par les établissements équestres [2], les élevages et les centres d'entraînement de chevaux de courses. A titre de comparaison, l’INSEE estime que l’ensemble du secteur « Agriculture, sylviculture et pêche » génère 698 000 emplois [3].

Le cheval représente une activité secondaire pour 80 000 autres personnes. 35% (~ 27 800 personnes) d’entre elles sont éleveurs et 30% (~ 24 000 personnes) sont impliquées dans la vente de paris hippiques en points de vente PMU.

[2] Les établissements équestres englobent les centres équestres, écuries de pension, centres de tourisme équestre, et les écuries de compétition.
[3] Source : Les caractéristiques des emplois en 2017, Enquête emploi en continu, INSEE, Résultats

Zoom sur les emplois des producteurs et utilisateurs du cheval

Le secteur « Equitation », 1er employeur de main d’œuvre

Les « autres non salariés » incluent les aides familiaux et conjoints collaborateurs
Nombre d'actifsNombre d'entreprises
SecteursEn emploi principalEn activité secondaire
Equitation27 79210 87511 650
Dont dirigeants et autres non salariés10 7365 141
Dont salariés, apprentis, stagiaires17 0565 734
Elevage10 64129 15323 510
Dont dirigeants et autres non salariés5 73127 778
Dont salariés, apprentis, stagiaires4 9101 375
Entraînement Courses8 2962 6702 530
Dont dirigeants et autres non salariés2 1881 074
Dont salariés, apprentis, stagiaires6 0511 596
Dont jockeys indépendants57-
Utilisateurs de traction équine150135285
Médiation équine31154
TOTAL46 91042 987

La filière agricole cheval génère environ 47 000 emplois, dont 4 sur 10 sont des emplois de
dirigeants/gérants/associés, aides familiaux ou conjoints collaborateurs (18 655 personnes). Par ailleurs, la production et l’utilisation du cheval engendrent près de 28 000 emplois salariés.

Le secteur « Equitation » est le plus important employeur de main d’œuvre puisqu’il concentre 60% des 46 910 emplois agricoles. A titre de comparaison, en France, 415 000 actifs permanents sont employés au sein des ateliers d’élevage sur les exploitations agricoles (hors équins) en 2015 [4].

Dans la filière équine, 10 650 personnes sont impliquées dans l’élevage d’équidés.

43 000 personnes exercent une activité secondaire en lien avec la production et l’utilisation d’équidés, dont 64% sont éleveurs (~ 28 000 personnes).

Le secteur « Entraînement Courses » est le moins sujet à la multiactivité (76% de ses emplois sont exercés à titre principal).

La traction équine et la médiation équine [5] génèrent respectivement environ 150 et 30 emplois.

[4] Source : Les emplois liés à l’élevage français, juin 2015, Groupement d’Intérêt Scientifique Elevages Demain
[5] Toute activité (à pied, à cheval, en attelage) à vocation thérapeutique ou éducative à destination de personnes en situation de handicap ou en difficultés sociales, encadrée par un professionnel médico-social ou éducatif (Source : Etude descriptive des activités de service avec le cheval auprès des personnes porteuses de handicap, Cabinet Itinere Conseil, mai 2018)

Tendances observables depuis l’estimation de 2013

Equitation

+25% d'établissements équestres
+42% d’actifs dirigeants/gérants/associés
-7% de salariés

Elevage

-31% d'élevages équins
-35% d’actifs totaux

Entraînement courses

-4% d'entraîneurs
-7% d’actifs dirigeants/gérants/associés
-4% de salariés

Zoom sur les emplois des prestataires autour du cheval

Des prestataires en santé/soins toujours plus nombreux

Nombre d'actifsNombre d'entreprises
En emploi principalEn activité secondaire
Prestataires au cours de la vie du cheval5 1105 560
Maréchaux-ferrants2 6671401 776
Cabinets vétérinaires1 5875 1962 695
Autres prestataires de soins
(ostéopathes, dentistes, soigneurs-masseurs, comportementalistes, podologues)
547167690
Transporteurs de chevaux2282693
Commerçants, courtiers, agences
vente aux enchères
813154
Prestataires en fin de vie du cheval10714
Abattoirs10847
Equarrisseurs-63063
TOTAL5 1206 274

5 000 autres personnes occupent un emploi directement en lien avec les équidés. Les maréchaux-ferrants sont les plus nombreux (~ 2 670 personnes), suivi des emplois en cabinets vétérinaires (~ 1 590 personnes). Les autres prestataires de soins, hors vétérinaires ou maréchaux-ferrants, sont répartis entre les ostéopathes équins (254), les dentistes équins (152), les praticiens indépendants en « soins-massages » [6] (60) ou en
« comportement » (46) et les podologues (35).

9 entreprises de transport de chevaux sur 93 génèrent 71% des emplois. Les emplois de cette famille sont assez spécifiques aux équidés : 90% d’entre eux sont exercés à titre principal.

[6] : Kinésithérapie, chiropraxie, balnéothérapie, thalassothérapie, hydrothérapie, phytothérapie, algothérapie, massages énergétiques, magnétisme, shiatsu, reiki…

Les emplois de courtiers (32) et en agence de vente (47) sont spécifiques aux équidés, contrairement aux commerçants en bestiaux (2) pour qui le cheval est une activité secondaire.

L'abattage des équidés est atomisé en France. Les équins ne représentent qu’une activité complémentaire pour les abattoirs, sauf pour un établissement dont les emplois peuvent être principalement rattachés à la filière.

En équarrissage, la part des équins représente en moyenne 3% des animaux trouvés morts et 1,5% des produits totaux ramassés (comprenant également les matériaux à risques spécifiés produits par les abattoirs et les bouchers). Les emplois générés par l'équarrissage des équins ne sont donc jamais considérés comme une activité principale.

Tendances observables depuis l’estimation de 2013

+20% de maréchaux-ferrants
+50% d’autres prestataires de soins

Zoom sur les vendeurs de produits équins

Des paris hippiques aux arts et médias, plus de 25 000 actifs concernés

Nombre d'actifsNombre d'entreprises
En emploi principalEn activité secondaire
Paris hippiques2 81824 762
Spectacles équestres3057594
Métiers artistiques10977147
Médias3604276
Boucheries chevalines307307307
TOTAL3 89925 263

Cette catégorie compte près de 4 000 personnes, dont 72% travaillent en lien avec la prise de paris hippiques. Dans ce secteur, seuls 10% des travailleurs vivent principalement de l’activité liée aux équins ; la restauration et la gestion des autres types de paris sportifs prédominent.

Le spectacle équestre, les métiers artistiques (peintres, sculpteurs, bijouteries, musées et galeries, objets d'art, photographes…) et les médias (auteurs, éditeurs, journalistes indépendants, producteurs, libraires, retransmetteurs…) sont des emplois majoritairement exercés à titre principal.

Dans la majorité des cas, les bouchers chevalins sont en activité principale « chevalin » et diversifient leurs produits avec du traditionnel (bovins...).

Tendances observables depuis l’estimation de 2013

-20% d’entreprises spécialisées dans le spectacle équestre

Méthodologie

Définitions

La méthode utilisée s’appuie ici sur les définitions de l’emploi du Bureau International du Travail (BIT) [7] et de l’INSEE [8].

Les personnes en emploi principal sont celles dont l’activité équine est exercée à titre principal (soit car étant la plus rémunératrice, soit car représentant au moins un mi-temps de travail). Seul ce niveau de décompte peut être comparé à celui d'autres secteurs, pour éviter qu'une personne exerçant dans plusieurs secteurs différents ne soit comptabilisée plusieurs fois.

Afin de rendre compte des activités secondaires générées par la filière équine, le nombre de personnes ayant travaillé en lien avec le cheval, hors activité principale, pendant une durée quelconque, ne serait-ce qu'une heure, au cours d’une période de référence, est également estimé. Il correspond à un périmètre large d’actifs secondaires, quel que soit le revenu tiré de l’activité exercée.

La notion d’actifs totaux regroupe les personnes en activité principale et les actifs secondaires. Elle n’est utilisée que pour illustrer les tendances observables depuis la dernière estimation des emplois de 2013.

Périmètre

Cette étude comptabilise uniquement les emplois situés en France métropolitaine. Les données utilisées concernent une période allant de 2014 à 2018. Une large majorité des informations recueillies est sur la période 2015-2016 pour les emplois directement liés au cheval, et sur la période 2017-2018 pour les emplois indirectement liés au cheval.

Quantifier les emplois

Pour chacune des familles, une évaluation du volume d’emploi a été réalisée à l’aide de diverses méthodes, élaborées, pour les principales, en lien avec les représentants professionnels, en fonction des données disponibles : mobilisation de données statistiques (INSEE, MSA, SIRE), d’enquêtes thématiques professionnelles (Conseils des chevaux, Observatoire économique et social du cheval, PMU, AFASEC, FFE, SFET/SNCuPaa) et réalisation d’enquêtes directes.

Afin d’obtenir une estimation fiable évitant les double-comptes, un travail de retraitement et de croisement des sources a été réalisé.

[7] : Selon le BIT, la population active occupée comprend les personnes (âgées de 15 ans ou plus) ayant travaillé (ne serait-ce qu'une heure) au cours d'une semaine donnée (appelée semaine de référence), qu'elles soient salariées, à leur compte, employeurs ou aides dans l'entreprise ou l'exploitation familiale (Source : INSEE).
[8] : Les estimations d’emploi de l’INSEE comptabilisent le nombre de personnes en emploi au sens du Bureau International du Travail (BIT), après traitement de la multiactivité qui conduit à ce que les personnes qui occupent plusieurs emplois durant la dernière semaine de l’année ne sont comptées qu’une fois, au titre de leur emploi principal, qui correspond à celui qui leur procure la plus forte rémunération sur l’année (Source : INSEE).

En savoir plus sur nos auteurs
  • Carole TROY Responsable Observatoire des métiers, de l'emploi et des formations « filière équine » (Omeffe))
  • Pascale HEYDEMANN Responsable de l'Observatoire économique et social du cheval (Oesc) de l'Ifce
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 13 12 2019
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