La vision du cheval

Comprendre comment voit le cheval permet de mieux appréhender ses comportements dans de nombreuses situations. Voici donc les caractéristiques principales de la vision du cheval et leurs conséquences pratiques.

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par Laetitia MARNAY - | 01.06.2015 |
Niveau de technicité :
vision du cheval
Sommaire

Un champ de vision très étendu et dichromate

vision du chevalGrâce au positionnement latéral de ses yeux volumineux et à sa pupille allongée, le cheval bénéficie d’un champ de vision particulièrement étendu, d’environ 340°. On peut dire qu'il voit de sa hanche gauche à sa hanche droite. En comparaison, celui de l’Homme avoisine les 190°.

Sur les côtés, sa vision monoculaire (ce qui est vu par un seul œil) lui permet de distinguer rapidement tout ce qui est en mouvement, un atout indispensable à cet animal qui vit en troupeau et ayant un statut de proie. Ainsi, le groupe à l'état naturel a en permanence une vision panoramique de ce qui l’entoure. Cette vision est maximale quand le cheval a la tête basse, mais est néanmoins peu nette.


Vision du cheval monté ou attelé

Lorsqu’il est monté, le cheval dispose donc d’un champ de vision plus étendu que son cavalier, ce qui génère parfois des réactions que le cavalier n’a pas forcément eu le temps d’anticiper.

Devant lui, sa vision binoculaire (= vu par les deux yeux simultanément) en relief est plus précise et lui permet d’estimer la distance relative des objets en relevant son encolure. Ainsi, en conditions naturelles, lorsqu’il est effrayé, le cheval se sauve dans un premier temps, puis se tourne ensuite de façon à se placer face à la cause de sa fuite, les oreilles pointées vers l’avant.

vision du chevalA l’abord de l’obstacle, le cheval garde la tête haute afin de mieux estimer la distance qui le sépare de celui-ci ainsi que sa hauteur. Au contraire, le travail en hyperflexion de l’encolure (rollkür) est réputé pour limiter le champ visuel du cheval. De même, à l’obstacle, le cheval aura du mal à estimer la hauteur et le profil de l’obstacle s’il est encapuchonné.

Enfin, dans certaines disciplines, comme les courses et l'attelage notamment, des œillères sont utilisées pour limiter la vision latérale du cheval et les « distractions » éventuelles.


De même, le fait de limiter le champ de vision du cheval dans certaines situations (injection, tonte ou même certaines phases du débourrage) permet de modifier l’expression de ses comportements de peur instinctive.

vision du chevalZones aveugles du cheval

Les zones aveugles sont réduites mais doivent être connues : elles se situent juste derrière la croupe (attention à la manière de l’aborder !) et sous son nez lorsque sa tête est relevée. Il faut donc être vigilant lorsqu’on donne une récompense à la main - au risque de se faire pincer -  ou sur le placement des jeunes enfants juste devant le cheval.

Afin de suppléer sa vision, de longs poils spécifiques garnissent son menton et les contours de ses yeux : les vibrisses. Elles transmettent les vibrations à un organe sensoriel situé à leur base. Il faut éviter de les couper.


Vision des couleurs

Le cheval a une vision dichromate, c’est-à-dire une palette allant du bleu au jaune, de longueurs d’ondes courtes à moyennes, mais ne distingue pas le rouge, ni le vert (qui lui paraissent gris).

Une bonne vision crépusculaire mais une accommodation lente

Le cheval possède une bonne vision dans la pénombre grâce aux cellules de sa rétine (les bâtonnets) et au « tapis clair » situé en arrière, qui réfléchit la lumière captée sur sa rétine. Dans la nature, le pâturage nocturne représente d’ailleurs 20 à 50% du temps de pâturage journalier.

Le cheval présente néanmoins une accommodation lente lors de variations rapides d’éclairement, caractéristique à prendre en compte notamment quand on veut le faire entrer dans un endroit sombre (écurie, van ou camion) ou travailler dans un endroit où la luminosité est très variable : gros arbre le long d’une carrière par exemple. On devra lui laisser un laps de temps pour s’accommoder.

Comment savoir si mon cheval voit bien ?

Comme l’Homme, les chevaux peuvent présenter des troubles de l’accomodation, tels que la myopie (le cheval voit « flou de loin ») ou au contraire l’hypermétropie. Ceci peut se traduire par une démarche hésitante, des oreilles particulièrement mobiles, des écarts inconsidérés.

Parfois, le cheval lève exagérément ses antérieurs, a du mal à éviter les obstacles divers et peut travailler voire sauter plus ou moins bien selon les conditions lumineuses. Des tests spécifiques permettent de confirmer cette hypothèse. Le cheval borgne présentera également des comportements particuliers, visant à optimiser l’utilisation de son œil sain. En liberté, il se déplace peu et prudemment.

Traumatisme oculaire : réagir vite... et bien !

Particulièrement exposés et fragiles du fait de leur positionnement latéral, les yeux du cheval nécessitent toute votre attention. Un traumatisme oculaire se repère par un écoulement, une rougeur, de la conjonctive. Le cheval maintient son œil fermé, fuit la lumière, se tient prostré dans un coin.

En cas d’accident ou d’affection touchant l’œil de votre cheval, placez-le dans un endroit sombre de préférence.

Traumatisme à proximité, ulcère ou uvéite, le diagnostic doit être rapide et précis pour pouvoir mettre en place un traitement adapté, de façon consciencieuse, souvent à raison de plusieurs applications par jour. Ces affections étant souvent douloureuses, une contention adaptée doit être réalisée afin de pouvoir effectuer les soins efficacement et en sécurité.

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  • Laetitia MARNAY Ifce
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 23 07 2019
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