Les maladies réglementées exotiques

Certaines Maladies Réputées Contagieuses (MRC) sont des zoonoses. Au niveau mondial, l’Office International des Épizooties (OIE) assure une veille sur toutes ces maladies grâce à un réseau d’épidémiosurveillance conduit par des vétérinaires et des instances. Cet office liste toutes ces maladies et tous les cas avérés.

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par Isabelle BARRIER-BATTUT - | 03.01.2011 |
Niveau de technicité :
auscultation d'un cheval
Sommaire

Les Maladies Réputées Contagieuses (MRC) exotiques

Actuellement, les MRC « exotiques » touchant les équidés ne sont pas présentes en France :

  • Soit elles n’ont jusqu’à présent jamais été signalées en France :
    • Peste équine ;
    • Encéphalites virales : japonaise, de type Venezuela, de type Est ou de type Ouest.
      Pas de réglementation spécifique, sauf pour la peste équine, depuis l’apparition de cas en Espagne.
  • Soit ont déjà été signalées en France de manière ancienne :

La stomatite vésiculeuse, zoonose habituellement bénigne, limitée au continent américain, décrite exceptionnellement en France en 1915 et 1917 sur des chevaux accompagnant l’armée américaine, figure sur la liste des MRC depuis 1986, mais ne sera pas traitée ici.

La peste équine

La peste équine, aussi appelée « african horse sickness », est très répandue dans le sud et l’est de l’Afrique, mais peut s’étendre rapidement ailleurs si les conditions sont favorables. Un mort (sur 18 équidés) a été mis en évidence en mars 2007 dans la province du cap ouest.

Exemple : extension à l’Espagne en 1987 à la suite de l’importation de zèbres de Namibie, avec des résurgences en 1988, 1989 et 1990 (contamination du Portugal et du Maroc). Ces pays sont aujourd’hui indemnes.

Virus

Le virus de la peste équine est transmis exclusivement par des insectes piqueurs, jamais par contact direct. Il affecte les équidés domestiques, et plus particulièrement le cheval. Chez les équidés sauvages, l’infection est en général inapparente, mais ils peuvent transmettre le virus.

Autres espèces : seuls le chien et le chacal peuvent être contaminés, par ingestion de viande d’équidé mort de peste.

Le virus est non transmissible à l’Homme.

Symptômes

La peste équine est une maladie redoutable chez le cheval, entraînant une mortalité importante. La durée d'incubation varie de 5 à 7 jours en moyenne.

  • Forme pulmonaire : fièvre intense (41-42°C), difficultés respiratoires de plus en plus marquées avec œdème du poumon (jetage mousseux) et mort par asphyxie en 24 à 48h.
  • Forme oedémateuse ou cardiaque : fièvre (39-40°C) d’évolution progressive en 10-12 jours, oedèmes sous cutanés débutant à la face (l’œdème des salières est considéré comme caractéristique) et mort en 3 à 10 jours après apparition des oedèmes. 

Diagnostic de certitude

Examen de laboratoire à partir de sang (animal vivant) ou de prélèvements sur l’animal mort (poumon…). Laboratoire agréé : AFFSA LERPAZ (Alfort).

Prévention

  • En milieu infecté : isolement et abattage des animaux malades, lutte contre les insectes, vaccination (utilisée en Afrique).
  • En milieu sain : contrôles à l’importation, désinsectisation des moyens de transport internationaux. 

Législation sanitaire

Suspicion
  • Information de la DDSV (Direction Départementale des Services Vétérinaires) concernée ;
  • Arrêté Préfectoral de Mise sous Surveillance (APMS) de l’exploitation.
Confirmation
  • Arrêté Préfectoral Portant Déclaration d’Infection (APPDI) :
    • Abattage sans délai des équidés malades et destruction des cadavres par incinération. Indemnisation par l’Etat sur la base du prix de boucherie. Le Ministre de l’Agriculture peut décider d’étendre l’abattage à tous les équidés présents sur le foyer.
    • Recensement et contrôle des équidés dans un rayon de 20km et vaccination systématique.
  • Arrêté Ministériel
    • Zone de protection (rayon de 100km au moins autour de l’exploitation atteinte) et zone de surveillance (au moins 50km au-delà de la précédente). Recensement des équidés dans ces zones, visites périodiques et interdiction de leur déplacement.
    • Levée de l’APPDI fixée par Arrêté Ministériel.

Les encéphalites virales

Les encéphalites virales sont aussi appelées « venezualan equine encephalomyelitis ». Il en existe plusieur types :

  • Encéphalite Japonaise,
  • Encéphalite de type Est,
  • Encéphalite de type Ouest,
  • Encéphalite de type Venezuela.

Virus

Les encéphalites virales sont dûes à 4 virus différents, transmis exclusivement par les moustiques.

  • L’encéphalite japonaise atteint uniquement les équidés, le porc et l’Homme. Les oiseaux sont infectés inapparents et jouent un rôle majeur dans la transmission. Très répandue en Asie (depuis le Sud Est de la Russie, jusqu’en Indonésie et au Japon).
  • Les encéphalites de type Est et Ouest affectent les équidés, les oiseaux (réservoir de virus) et l’Homme. Très répandue en Amérique du Nord, centrale et du Sud.
  • L’encéphalite équine de type Venezuela atteint plus de 150 espèces animales (les rongeurs sont des réservoirs de virus), mais la maladie n’est habituellement décrite que chez les équidés et l’Homme. Très répandue en Amérique tropicale et jusqu’au Texas.

Toutes sont des zoonoses graves : mortalité importante et taux élevé de séquelles neurologiques chez l’Homme.

Symptômes (chez les équidés)

Les symptômes sont :

  • Fièvre ;
  • Troubles de la démarche ;
  • Paralysie progressive du train postérieur (encéphalite japonaise) ;
  • Troubles cérébraux (encéphalite de type Venezuela).

La mort survient généralement en 15 à 20 jours, guérison possible mais risque de séquelles nerveuses.

Prévention

En milieu infecté, la prévention passe par la vaccination :

  • Encéphalite japonaise : surtout pratiquée chez l’Homme (enfants en Chine), mais aussi chez les chevaux ;
  • Encéphalites Est et Ouest : couramment utilisée chez les chevaux aux USA (existe aussi pour les faisans) ;
  • Encéphalite Venezuela : utilisée en Amérique centrale et dans le sud des USA… 

Législation sanitaire

Lorsqu'il y a confirmation de la maladie :

  • Interdiction de tout mouvement des équidés atteints et suspects ;
  • Abattage des malades dans le cas de l’encéphalite Venezuela ;
  • Désinsectisation.

La dourine

La dourine est une maladie sexuellement transmissible spécifique des équidés (elle ne se transmet pas à l’Homme) due à un trypanosome (comme la maladie du sommeil chez l’Homme, mais ne nécessite pas de passage par un insecte).

La transmission se fait uniquement par voie vénérienne.

La maladie sévit encore en Afrique Australe, Russie et Moyen Orient.

Symptômes

  • Oedèmes des organes génitaux externes : bourses, fourreau, vulve, avec écoulements et démangeaisons, sans atteinte de l’état général ;
  • Au bout de 1 à 2 mois, apparition de petites plaques cutanées rondes, avec fièvre et amaigrissement ;
  • Puis troubles locomoteurs et paralysie, évoluant jusqu’à la mort en 6 mois à 2 ans.

Traitement

Un traitement précoce peut être efficace, mais les sujets guéris peuvent devenir porteurs du germe.

Prévention

  • Contrôles à l’importation ;
  • Contrôle de la monte ;
  • Il n’existe pas de vaccin. En milieu infecté, des médicaments peuvent être administrés en prévention.

La morve

Aussi appelée glanders, la morve est due à une bactérie et affecte essentiellement les équidés (les ânes sont les + sensibles). C'est une zoonose grave (notamment risque de transmission au vétérinaire lors d’autopsie). Elle peut atteindre aussi les carnivores (chiens et fauves de ménagerie) consommant la viande d’équidés malades.

Autrefois très répandue en Europe et dans le monde, maintenant considérée comme une maladie du passé.

Symptômes

Morve aiguë

Surtout chez l’âne. Elle se traduit par :

  • Une fièvre importante ;
  • Une atteinte nasale : jetage, ulcères ;
  • Une atteinte cutanée (« farcin ») : ulcères purulents, augmentation de taille des ganglions, lymphangite.
  • Mort en 8 à 30 jours.
Morve chronique

Surtout chez le cheval. Elle présente les mêmes symptômes, mais moins marqués et d’évolution plus lente. Amaigrissement marqué et mort en quelques mois.

Traitement

Pas de traitement ni de vaccin.

Prévention

Dépistage par sérologie et abattage des malades. Ces mesures ont permis l’éradication de la maladie dans le monde.

En savoir plus sur nos auteurs
  • Isabelle BARRIER-BATTUT Docteur vétérinaire - formatrice Ifce
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 19 04 2019
Fiche réalisée avec nos partenaires
Association Vétérinaire Equine Française
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