Prévention des coliques

Les facteurs liés à l’animal et les conditions climatiques sont des impondérables sur lesquels on ne peut agir, mais une conduite raisonnée de l’élevage et des animaux permet de maîtriser les autres facteurs de risque. L’objectif est de gérer au mieux les événements de la vie du cheval constituant un risque de colique.

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par Véronique JULLIAND - Jean-Luc GENAIN - | 01.12.2016 |
Niveau de technicité :
Seau d'aliments
Sommaire

La prévention des coliques passe par l'anticipation

Tous les changements intervenant dans la vie du cheval peuvent engendrer un risque de coliques. Il est donc important de les apprécier afin de pouvoir anticiper au mieux pour le bien-être du cheval.

Toujours avoir présente à l’esprit la relation :

MODIFICATIONS (régime alimentaire ⇔ lieu de vie ⇔ niveau d’activité) = RISQUE DE COLIQUES

Régime alimentaire

  • Respecter une régularité dans la nature et la distribution quotidiennes de la ration. Veiller en particulier à ce que le cheval ne puisse avoir accès qu’à sa ration programmée afin d’éviter toute surcharge alimentaire. Conserver les aliments concentrés (granulés, céréales) dans un local fermé.
     
  • Fractionner la ration journalière en plusieurs repas, afin de respecter la physiologie digestive du cheval, adapté à la prise quotidienne de nombreux petits repas. Ceci est particulièrement important pour les concentrés : privilégier 3 ou 4 repas, idéalement distribués à heures régulières.
     
  • Respecter une transition alimentaire de 4 à 8 jours chaque fois que le régime est modifié (changement d’aliment, changement de stock d’aliment, adaptation du régime au niveau d’activité requis, mise au pâturage, mise au box) :
    • Incorporer progressivement un foin issu d’un nouveau stock à l’ancien.
    • Réaliser progressivement l’introduction d’un nouveau concentré ou d’un nouveau pourcentage de concentré dans la ration (besoins énergétiques accrus lors d’entrée en compétition par exemple).
    • Mettre à l’herbe progressivement en diminuant la ration hivernale, par exemple en sortant le cheval par demi-journées au départ.
    • De même, lors du retour au box après une période à l’herbe, limiter la quantité de litière fraîche (paille) disponible et surveiller la consommation.

Veiller aussi à :

  • Gérer le pâturage : Au printemps, attention aux prés trop riches ! Limiter la surface disponible par cheval et les durées de pâturage. Attention aux prés surpâturés où les chevaux ingèrent de la terre, voire du sable.
  • Ne pas surcharger la ration lors de la mise au box en hiver.

Lieu et mode de vie

  • Aménager des sorties quotidiennes pour un cheval vivant en box.
  • Gérer les transitions box-pâturage en relation avec l’alimentation.
  • Prévoir, pour les transports, une alimentation identique en nature à celle utilisée dans la période précédant le voyage. Prévoir également du foin.
  • Adapter les changements prévisibles d’alimentation lors de changements d’espaces (achat d’un cheval par exemple).

Niveau d'activité

  • Procéder par étapes progressives pour amener le cheval au niveau d’activité requis.
  • Adapter l’alimentation en prévision de ces étapes, en respectant la progression.

Limiter les facteurs d'ennui et de stress

  • Un moyen simple : donner à manger en quantité adéquate, en instaurant une durée minimale de prise alimentaire, ce qui occupe et tranquillise le cheval. Ceci se produit naturellement au pâturage.
  • En box, même si la ration prévoit des concentrés, il faut toujours donner du foin ou des fourrages dont la consommation allonge le temps d’ingestion.

Penser aux soins annuels

  • Suivre un programme de vermifugation recommandé par un vétérinaire.
  • Pratiquer des soins dentaires.

Toujours penser à l'eau

L'eau doit être fraîche et propre, de préférence en libre service, toujours accessible, afin d’éviter les déshydratations et, à l’opposé, les absorptions trop massives et brutales.

Lors de déplacement (concours, déménagement), veiller à ce que le cheval consomme bien l’eau mise à disposition (goût inhabituel, mécanisme d’abreuvoir bruyant ou différent, stress lié à un concours par exemple).

En savoir plus sur nos auteurs
  • Véronique JULLIAND Docteur vétérinaire - enseignante à AgroSup Dijon
  • Jean-Luc GENAIN
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 17 11 2019
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