Soins aux plaies

Les plaies sont la porte d’entrée des germes et peuvent avoir des conséquences importantes selon leur localisation et leur profondeur. Des soins appropriés doivent être rapidement apportés afin d’endiguer tout risque d’infection. Lorsqu'un cheval présente une plaie, contactez votre vétérinaire.

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Niveau de technicité :
soins aux plaies
Sommaire

Principes généraux

Chaque plaie est différente, la gravité dépend de la localisation sur le cheval :

  • Position sur le cheval : corps ou membres, articulation ou proximité d’os (plus grave) ;
  • Profondeur de la plaie ;
  • Type de tissus atteints ;
  • Ancienneté de la blessure ;
  • Degré de contamination ;
  • Conditions du milieu

Autre élément à considérer, et non des moindres : le tempérament du cheval à soigner !

Pour être capable d’intervenir à bon escient, il faut :

  • Connaître les principes généraux de la cicatrisation d’une plaie ;
  • Observer l’évolution de la plaie et s’adapter.

Plaie superficielle

  • Savonnage au savon doux ou Vétédine savon® (ou Povidone Scrub®) puis rinçage ;
  • Application d'un antiseptique local (solution ou spray) pendant quelques jours.

Plaie moyennement profonde

soins aux plaiessoins aux plaies


Soigner la plaie

  • Sérum antitétanique : systématique en cas de vaccination douteuse, sinon rappel de vaccination (consultez votre vétérinaire). Le microbe du tétanos est présent dans la terre et se développe en l’absence d’air, donc lors de plaie profonde, même d’apparence minime (une simple écharde par exemple).
  • Couper/tondre/raser largement les poils autour de la plaie avec des ciseaux courbes, une tondeuse ou un rasoir. Pendant cette opération, la plaie peut être recouverte d’une gaze pour la protéger et éviter toute projection de poils à l’intérieur.
  • Savonnage antiseptique.
  • Rinçage au jet d’eau en pluie.
  • Désinfection avec un antiseptique doux (exemple : Vétédine solution® 10% diluée au ¼).
  • Application d'une crème antiseptique ou poser un pansement du commerce imbibé d’antiseptique : attention à ne pas utiliser de produits contenant des corticoïdes. 

Pansement

Il doit être changé fréquemment les premiers jours (en général tous les jours, voire plusieurs fois par jours selon la plaie et l’importance des suintements), puis tous les 2 ou 3 jours.

Les différents types de pansements

Le pansement comprend toujours une partie stérile en contact direct avec la plaie, puis une partie absorbante propre (compresses puis coton gazé ou pansement américain) et enfin une bande collante (type Elastoplast®) ou autoadhésive (type Vetrap®).

  • Pansement simple

La bande doit être enroulée autour du membre en se chevauchant d’environ 1/3 à chaque tour, avec au moins 7 à 8cm appliqués directement sur les poils à la partie supérieure et inférieure du pansement.

  • Pansement compressif (Robert-Jones)
    • Principe : maintenir fermement une extrémité, mais sans comprimer le membre.
    • Utilisations : fracture, lacération tendineuse, luxation, entorse, plaie très ouverte.
    • Réalisation : grande épaisseur de coton (8 à 15cm) puis bandes semi-élastiques ou bande Velpeau enroulées en serrant le coton, puis bande adhésive.

Si la localisation de la plaie ne permet pas d’utiliser une bande, un pansement collé peut être appliqué : arrondir les coins du pansement pour éviter son décollement, humecter avec de l’éther la partie collante autour de la plaie (ce qui dissout la colle) puis tamponner les parties décollées avec du papier essuie-tout pour que la colle redevienne solide et adhère bien à la peau.

Plaie profonde

Consulter le plus tôt possible un vétérinaire.

  • Sérum antitétanique ou rappel de vaccination.
  • Plaie à suturer : il faut intervenir le plus tôt possible, dans les 6 heures, sinon la plaie devient trop contaminée et les sutures ne tiennent pas. De plus, les bords se rétractent et la suture devient difficile.
    Lorsqu’une plaie suturée suinte trop, les liquides s’accumulent sous la peau et la suture tend à lâcher progressivement après 4 ou 5 jours. Le vétérinaire peut éventuellement placer un drain pour favoriser l’écoulement de la plaie.
  • Traitement général à l’appréciation du vétérinaire : des antibiotiques et anti-inflammatoires peuvent être prescrits.
  • Plaies plus difficiles à soigner : les tendons, les articulations, le poitrail et les ars, les glomes, les bourrelets coronaires, les plaies atteignant l’os (risques d’ostéomyélite = infection de l’os), les plaies avec corps étrangers introduits profondément.

Plaie hémorragique

Consulter un vétérinaire d’urgence.

  • Sérum antitétanique.
  • Veines : la plaie saigne en nappe diffuse, il faut faire un pansement compressif à l’endroit de la plaie, là où elle saigne.
  • Artères : la plaie saigne par jet saccadé, il faut faire une compression ou un garrot en général au dessus de la plaie (c’est-à-dire entre le cœur et la plaie) s’il s’agit d’une plaie d’extrémité. Le garrot peut être laissé en place environ une heure.
En savoir plus sur nos auteurs
  • Isabelle BARRIER-BATTUT Docteur vétérinaire - formatrice Ifce
  • Jean-Marc BETSCH Docteur vétérinaire - Clinique vétérinaire équine de Méheudin (61)
  • Christine VILLEROUGE Formatrice Ifce
Pour retrouver ce document: www.equipedia.ifce.fr
Date d'édition: 18 06 2019
Ressources à télécharger
Dépliant Ifce : Pharmacie vétérinaire
Dépliant
La pharmacie vétérinaire
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